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Je tiens à vous rappeler encore une fois que vous êtes tous les bienvenus en Suisse et que nous serions très heureux de vous recevoir!
Avertissement – les effets secondaires de votre venue en Suisse pourraient inclure :
Égratignure Écorchure Éraflure Blessure Déchirure Contusion Fracture Chute Coupure Luxation Déboîtement Dislocation Élongation Entorse Foulure Bleu Brûlure Commotion Ecchymose Lésion Tuméfaction Piqûre Lacération Cloque Dessèchement Fièvre Inflammation Insolation Irritation Déshydratation Coup Hémorragie Cirrhose Gueule de bois Douleur à l’estomac Acidités gastriques Ballonnements
Fin de semaine écourtée à La Sage. Nous sommes allés faire samedi une course en montagne avec Cosette. Nous sommes passés par le col de Riedmatten, moins emprunté que le Pas de Chèvre avec ses échelles, mais qui offre une vue tout aussi intéressante.
La descente a donné un peu d’adrénaline à Cosette, ce qui bien fait rire sa fille, qui n’a pas peur de grand chose, comme j’avais pu le remarquer en faisant la Via ferratta…
Nous avons ensuite pris la direction du Pas de Chèvres et ses fameuses échelles, profitant du chemin pour voir les glaciers (qui deviennent de plus en plus rikiki, expression Odière signifiant petit) et la cabane des dix, qui ouvre la porte à de nombreuses autres courses de montagnes.
Maintenant, voici quelques extraits d’un livre à écrire pour la collection “Que sais-je?” sur les courses de montagne.
- Lorsque vous montez en montagne, il faut trouver son rythme de marche, de préférence lent, surtout lorsque ça va durer six heures. Il vaut mieux ne pas le briser par des pauses répétées. Pour cette raison, ceux qui montent ont la priorité sur ceux qui descendent.
- Les règles de politesse lorsqu’on croise un autre groupe en sens inverse permettent de dire un bonjour collectif lorsque les membres sont rapprochés. S’il y a une distance supérieure à trois mètres entre deux membres d’un groupe, un second bonjour est chaudement recommandé.
- Il est fortement recommandé de laisser une distance de trois centimètres entre les deux pieds, pour ne pas qu’ils s’entrechoquent, ce qui pourrait éventuellement entraîner une chute.
- Si le chemin nécessite de passer par des échelles, il faut garder les bras tendus, ce qui les fatigue moins qu’en les gardant rapprochés du corps.
Position non recommandée:
Position recommandée :
Malheureusement, une longue expérience et une connaissance approfondie de la montagne sont parfois impuissants contre les imprévus les plus divers et qui se déroulent dans les moments qui paraissent les plus inoffensifs.
Par exemple, ce pourrait être un couteau suisse bien tranchant qui passe à travers une pomme lors du dîner pour finir sa course à l’intérieur de deux doigts de la main gauche, assez profondément pour entailler nerf et tendon du petit doigt.
Reste qu’il est ennuyeux lorsque ces imprévus, qui nécessitent une chirurgie, se déroulent à 2855m d’altitude. Mais en médecin qui en a vu d’autres, notre Céline est redescendue la première et en rigolant, la main en l’air, intriguant les autres promeneurs qu’on croisait.
Et après la visite d’une clinique et d’un hôpital en soirée, la médecin s’est tranformée en patiente de retour à Lausanne dimanche, sachant garder son entrain et même profiter de cette situation d’inactivité pour avancer dans son travail.
Je ne voudrais pas passer sous silence, sinon qu’avec un peu de retard, la journée de dimanche où nous sommes allés faire une promenade dans les vignes du Lavaux.
La photo montre une différence fondamentale entre l’Amérique et l’Europe : les banlieues. À Lausanne, elles n’existent pas. À deux minutes de la ville se trouvent les champs (de vigne ici). Des petits villages parsèment le paysage et font chacun leur vin certifié (vin d’Epesse, vin de St-Saphorin).
Un de ces viticulteurs du nom d’Alain Chollet offrait d’ailleurs une halte avec bouteille à vendre, information touristique et des livres à partager gratuitement, une initiative qui a beaucoup charmé Céline. Et comme se doit, elle n’a pas manqué de signer le livre d’or…
Rendu à Epesse, les nuages s’amoncellaient, nous faisant craindre une ondée estivale, brève mais intense. Passant par une toilette publique (non payante, contrairement à la France), j’ai découvert un petit gadget qui ferait sûrement fureur au Québec : un savon solide en rotation sur un axe fixe.
Ayant été déjà bien trempé par une bonne pluie au chalet de La Sage, j’ai décidé de protéger mes vêtements et d’utiliser la propriété imperméable de la peau comme protection.
À noter que malgré que la balade soit bien connue et appréciée, il n’y avait pas grand monde. Nous avons quand même croisé un autre couple dont l’homme a suivi mon exemple. Mais c’était inutile parce que l’orage est passé à gauche et à droite, évitant soigneusement notre chemin.
Chemin que nous avons pu voir d’un angle inversé, prenant un bateau dont Céline n’a eu de cesse de critiquer les moteurs modernes bruyants par rapport aux bateaux à vapeurs et à roues qui traversent le lac (il paraît que c’est une critique habituelle dans la famille Odier).
Nous sommes allés à Genève hier. Partout, il me semblait voir des voitures immatriculées CD (corps diplomatiques). Mais comme me l’a expliqué Céline, ce n’est pas si surprenant parce que tout employé d’une ambassade peut avoir ce petit ajout leur sauvant contraventions et accusations de toutes sortes.
Mais j’ai pu voir encore mieux, le CC pour corps consulaire, réservés aux ambassadeurs (et sûrement, le/la conjoint(e) et le(s) enfant(s) ). Il faut dire qu’à Genève, ils pullulent les ambassadeurs et leurs suites. Et ça doit être cette ambiance qui crée le genre de petites actualités régionales qui n’arrivent jamais au Canada.
C’est que le fils du dirigeant libyen, Hannibal Khadafi et sa femme sont venus à Genève pour que cette dernière accouche. Suivant un comportement digne de certaines vedettes américaines, ils ont maltraité leur personnel (bon, probablement plus fort, mais encore, peut-être pas). L’hôtel s’est plaint (ce qui doit être rare) et la police de Genève a arrêté le couple pour coups et blessures. À noter que c’est la police d’un canton, pas une instance nationale qui a mis le couple en accusation, bien qu’une député ait posé pour une photo plutôt hypocrite (à mon avis) avec les deux domestiques, mettant l’incident à un niveau national :
Maintenant, la Libye entière réplique à cet incident, jugé humiliante pour le dirigeant. En avez-vous entendu parler au Québec?
Je me souviens d’un ambassadeur russe totalement ivre qui avait tué une passante dans sa voiture et qui s’était protégé derrière son statut diplomatique pour éviter toute mise en accusation. Ça s’était réglé par son retour et la nouvelle était morte bien rapidement, si elle avait réussi à se rendre en première page (il a finalement été condamné en Russie en 2002, est-ce que les journaux canadiens en avait parlé?).
Ici, l’histoire du fils Khadafi est rendue une question d’état et constitue la une des journaux quasiment tous les jours. Des Suisses sont mis en garde à vue en Libye pendant que les Libyens retirent leurs délégués diplomatiques dans la capitale helvétique. En réponse, les Suisses, dont la moitié de l’approvisionnement en pétrole provient de Libye, envoient des délégations, etc. etc. Et ça occupe les journalistes et les lecteurs en vacances.
Je sors de ma première entrevue d’emploi en Suisse! C’est pour Kingsman, une firme de courtage dans le sucre et les biocarburants qui fait également dans l’information de marché. Ce serait pour la section sur le biodiesel. Écrire des résumés sur l’état des marchés (moi qui croyait que le biodiesel n’en était encore qu’à l’étape des projets-pilote…).
À l’entrevue, j’étais avec une Portugaise (qui a fait un phD sur la gestion de l’eau, un de mes sujets de prédilection en économique) et une Asiatique (bien sympathique, moi qui m’attendait à un homme au visage sans réaction, toujours ennuyeux en entrevue). L’entrevue était en anglais. Que c’est international… D’ailleurs, tout se passe en anglais (ils ont des bureaux à Brisbane (Australie), New-York et Sao Paulo (Brésil).
Ça c’est bien passé. Par contre, j’ai quelques moins, notamment de ne pas connaître la langue allemande. Enfin, on verra la semaine prochaine…
Après une fin de semaine fort agréable (je me réjouis de voir quelles photos Gaël choisira pour vous la raconter…), me voilà de retour au CHUV dans mon petit bureau à essayer de me concentrer pour l’écriture de ce chapître de livre sur Common Stroke Syndromes. Un défi intéressant mais pas toujours facile de choisir les meilleures références (les fichus syndromes du tronc, je sais pourquoi cela sert à rien de les apprendre, tout le monde les décrit différemment!!!), les bons mots (je frappe les limites de mon anglais fréquemment, vive les dicos en ligne!) et de rendre le tout intéressant! Et là, je pense à vous, au Québec, au CHUM, et aux montagnes dont je m’ennuie déjà après deux semaines… alors je diverge de mon écriture scientifique pour vous envoyer un petit coucou de Lausanne avec l’espérance de vous y voir une fois ou l’autre. Céline.
Soirée de visites d’appartements (3 en un soir). Qui nous a montré la version européenne de la recherche d’appartements.
Arrivé au premier appartement, nous entrons alors que deux couples terminent de visiter (un 3 et demi, bien situé près de la gare, haut plafonds, donnant sur une allée peu passante). Nous commençons à visiter lorsque la porte sonne. Une jeune femme s’ajoute (qui prend des photos). Le locataire reprend la visite alors que nous attendons dans le salon, pièce la plus jolie. La fille nous rejoint lorsque la porte sonne à nouveau. Un troisième visiteur entre alors que le locataire nous dit de nous dépêcher si nous sommes intéressés, ayant fait déjà visiter à une vingtaine de personnes.
Nous nous dirigeons vers le 2e appartement, sous la gare, 4e étage sans ascenseur. Bon pour le cardio mais rendant le déménagement ardu. Nous montons mais nous n’atteignons pas le 4e pallier, des visiteurs faisant déjà la file en attendant que le locataire arrive. Un vieux Suisse qui accompagne probablement un couple d’amis portuguais fait de l’animation. Une mère australienne (et possiblement ses deux filles) attendent également. Un jeune Suisse patiente aussi dans les marches.
Nous ne sommes d’ailleurs pas les derniers. Une dizaine de personnes au moins se joignent à la file derrière nous. Le jeune Suisse dit, un peu cyniquement, que c’est digne d’un film. Je suis plus amusé que lui. Je me sens directement dans la scène de l’Auberge espagnole où le personnage principal fait aussi la file pour un appartement.
Le locataire arrive et ouvre la porte. J’ai l’impression d’être dans une visite de la demeure d’Anne Frank ou d’une autre personnalité célèbre. Pas que la décoration soit la même que durant la 2e guerre mondiale (elle est très bien, style moyen oriental) mais lorsque trente personnes s’entassent et essaient tant bien que mal de visiter trois pièces, on ne peut pas s’empêcher de se sentir comme un touriste.
Il faut dire que le taux d’inoccupation des appartements est en-dessous de 0.5% ici. Le locataire conseille aux visiteurs d’appeler régulièrement pour avoir une chance. La dame australienne nous a indiqué qu’avant le début de cette visite, il y a déjà 27 dossiers de candidature. C’est de la compétition ici!
Après les photos colorées de Gaël, je me contenterai de quelques lignes, que j’espère pas trop rébarbatives, pour décrire mes débuts au CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois). La première journée a été assez intense avec 4 patients cédulés pour la matinée dès 8h! alors que je savais pas encore comment fonctionne le système informatique… un détail au Qc qui ici devient essentiel alors que tous les dossiers sont informatisés et que le seul papier que vous avez en main, c’est la formule pour la facturation!!! Heureusement, l’équipe est fort agréable et on m’a aidée dès le début en prenant mon premier patient pendant qu’un autre m’introduisait dans le monde fabuleux que j’aime tant (!!!) des ordinateurs… Je dois quand même avouer que le système est facile à utiliser et tellement précieux lorsqu’on se lance dans la recherche et que l’on n’a aucun dossier papier à demander, attendre, réattendre les tomes antérieurs, réattendre lorsqu’il est disparu puis finalement consulter!!!
Dr Michel qui me supervise est également fort sympathique. Il est très accessible et prend son rôle de superviseur au sérieux en répondant rapidement à mes courriels, en corrigeant ma proposition pour un chapitre de livre qu’il m’a demandé d’écrire dans les 24h (!) et en m’écrivant même un message pour me demander si mon intégration se passait bien vendredi à 20h, comme je l’avais peu vu cette semaine! Il m’a proposé plusieurs projets, mais m’a aussi répété qu’il fallait que je garde du temps pour mes projets et que j’étais au CHUV en formation (et pas en assistant qui fait tout ce qu’on lui demande). L’équipe comprend aussi 2 infirmières de recherche (une Québécoise, une autre Iranienne mais ayant travaillé à l’Institut Neuro de Montréal plusieurs années!) et 3 autres fellows en neurovasculaire qui s’entraident. Le service fonctionne par contre plus ou moins bien avec des assistants (= résidents) qui travaillent très fort et des neurologues (hiérarchie compliquée) qui doivent jouer des coudes pour établir leur place. Bref, je suis contente d’être là comme fellow. Je pense avoir des possibilités fort intéressantes, avec un soutien sérieux. Dr Michel travaille bcp (c’est lui supervise en bonne partie le service intrahospitalier), mais il a plein d’idées et un enthousiasme toujours présent. A moi de prendre ma place!
Arrivée dans le studio fourni par le CHUV. Déco très années 70 mais l’état de ce studio-résidence est assez bien. En plus, nous avons un arbre qui nous abrite du soleil, de la pluie et du bâtiment en face, en plus de constituer une jolie vue. C’est très tranquille mais on a l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans le bâtiment.
La concierge a été heureuse d’apprendre que nous étions deux, détail qui ne lui avait pas été communiquée et qui l’avait amenée à faire descendre l’autre lit simple (qu’elle m’a fait remonté).
Pour Mathias, cette combinaison de deux lits simples constituait une belle cachette
Les stores, à l’image du studio
Vue de la cuisine de la salle de bain
Vue de la salle de bain de la cuisine
Petite anecdote pour terminer : j’étais dans un parc désert à regarder la carte pour me repérer après deux heures de marche. J’avais acheté des raisins secs et je décide d’ouvrir le sac et d’en manger un peu. Froissement de feuilles, apparaît un chat qui se méprend entre mes raisins et sa propre nourriture. Lorsque je brasse le sac pour me prendre une pelletée de raisins, il approche au petit trot. Ce qui me rappelle d’autres animaux et un jeu de mots pour ce petit veau-de-ville…



























