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Même si les nouvelles s’espacent, ce n’est pas que nous passons nos fins de semaine à dormir et regarder des séries télévisées en coffret DVD… N.B. Commentaires de Céline en couleur.

La semaine dernière, nous étions à La Sage où nous sommes allés à la cabane de la Tsa, tenu par des gardiens, dont un qui doit être Québécois, ou qui en a connu un, ou qui y est allé. Nous n’avons pas demandé mais ça fait plaisir à voir après une montée de plus de 700 m de dénivelé en 1h30.


Une bonne trotte où j’ai été a posteriori impressionnée par mon neveu, qui l’avait fait avec sa grand-maman la semaine précédente avec l’aide de quelques histoires.

La semaine a été bien chargée, où jeudi, victoire! on m’a permis d’enlever mon attelle. Mon petit doigt continue sa rééducation, mais ne plie pas encore très bien… Une bonne occasion de pratiquer ma patience!

Vendredi midi, j’ai commencé à soutenir ma sœur qui a le plaisir d’expérimenter le rôle social réservée à la mère vaudoise (on n’imagine même pas ici que le père pourrait aussi être partie prenante de l’encadrement des enfants…). Donc, Mathias a repris l’école cette semaine avec un horaire qui semble avoir été prémédité pour empêcher les mères d’avoir une vie professionnelle. Matin 9h à 11h30. Après-midi 14h à 15h30. Et oubliez les crèches à 7$! Les mamans doivent jongler avec l’aide de la famille, des amis, des autres mamans et des rares places dans les restaurants scolaires et dans les services de garde. Et au fait, on complique encore les choses avec l’arrivée du deuxième enfant qui aura évidemment un horaire différent du premier!

Vendredi soir, nous sommes allés visiter la marraine de Lorraine, aussi montréalaise d’adoption et suisse de naissance. Elle nous a fait entrer dans la vaste demeure familiale, témoin d’une autre époque avec grandes et hautes pièces, vitraux, escalier magistral, jardins et même une tour permettant d’apprécier la vue à 360 degrés. On pouvait s’attendre à voir surgir la maitresse de maison en robe longue et le maître des lieux avec une canne et une montre gousset, l’intérieur n’ayant probablement pas changé avec les années.


Le lendemain, nous sommes allés à Vevey pour la course Chaplin, qui traverse le domaine de Charlie Chaplin (qui est inaccessible le reste de l’année). Même si nous avions ralenti la cadence de course depuis notre arrivée en Suisse, nous nous disions “qu’un 11 km, c’est à notre portée!”. Nous savions bien qu’il y avait 300 mètre de dénivelé, mais bon nous nous disions pour nous réconforter que ça devrait être comme la montée du Mont Royal en un peu plus long…

C’était effectivement plus long, et pas mal plus dur! En plus sous un soleil de plomb! Pas habitués à ce genre de montée interminable (en tout cas moi), nous avons utilisé la technique du 10:1 (dix minutes de course, une minute de marche), diminuant le ratio au fur et à mesure de la course. Céline a fini la montée en marchant, mais c’était évidemment pour admirer le paysage (qui valait le détour!)!!! Et pour moi, la descente a été presqu’aussi pénible, parce qu’il fallait les redescendre, ces 300 mètres de dénivelée… Malgré l’heure de souffrance, nous étions bien contents à la fin de notre course. Et j’ai même l’envie d’y retourner l’année prochaine, ayant déjà oublié tous les noms dont je me suis traitée tout au long de la montée…

Comme vous pouvez le remarquer, nous avons réussi quand même à garder le sourire en courant dans la montée et même l’arrivée, surtout lorsqu’il y avait des caméras ou du monde pour nous encourager (les deux premières photos sont d’ailleurs la gracieusité de l’organisation de la course, qu’on peut voir ici et ici).

Karine, une amie de Céline participait aussi. Elle est arrivée deuxième parmi les dames (première de sa catégorie). Ce qui lui a donné amplement le temps de nous prendre en photos à notre arrivée. Céline est arrivée sixième (vous pouvez voir les résultats sur le site). Quant à moi, je dirai seulement qu’il y avait beaucoup d’hommes dans ma catégorie plus en forme que je ne l’étais…

Petit différence européenne : les coureurs se font offrir l’apéro à la fin de la course, avec vin et amuse-gueules salés. Le prix de Karine consistait d’ailleurs à un set de six verres à vin avec le logo de la course, ce qui en fait des souvenirs utiles…

Pour nous rafraîchir, nous sommes ensuite allés nous baigner dans le lac Léman, ce qui détend les jambes dit-on. Le niveau de pollution y est moindre que dans le fleuve St-Laurent. Ce qui fait que je ne suis pas couvert de plaques ou de boutons rouges aujourd’hui. Par contre, les jambes sont quand même raides…

Et aujourd’hui, on apprécie une journée de repos! Et je me réjouis déjà d’accueillir demain ma mère qui revient de presque 2 semaines au Rwanda où elle est allée avec Sylvain retrouver un ancien stagiaire qui a dû leur faire visiter le pays de l’intérieur. Plein d’histoires, d’impressions et d’émotions qui feront des récits sûrement fort intéressants.

Quelques premières impressions. Sur le transport surtout. Pour me rendre à mon lieu de travail, je dois marcher jusqu’à l’arrêt d’autobus (10 min) qui m’amène à la gare (25 min) où je me rends à Genève (35 min) pour prendre un dernier autobus (10 min). Avec les temps d’attente, on peut compter près de 1hr40.

Mais bon, pas d’inquiétudes, il y a aussi un bureau à Lausanne où je pourrai travailler lorsque je serai opérationnel. Et il y a une ligne de métro qui va ouvrir en septembre (en-deçà des temps promis et sans surplus des budgets, eh oui, ça se peut…) et qui devrait me permettre de sauver du temps. Si nous n’avons pas déjà trouvé un appartement plus près de la gare à ce moment-là.

De toute façon, ce temps de transport me permet de lire. Et je dois dire que les trains sont ici à peu près aussi silencieux qu’une bibliothèque. Un tiers lit ou travaille, un autre tiers écoute sa musique, un tiers dort et le reste, qui discutent, rejoint bien vite une de ces fractions.

De plus, les trains sont toujours à l’heure. Comme les autobus ne peuvent pas respecter autant leur horaire en heure de pointe, du moins à Genève, j’ai déjà eu l’occasion de vérifier que l’heure indiquée est celle du départ du train et pas celle d’arrivée en gare…

Quant au travail, j’ai droit à un bureau (la pièce, pas seulement le meuble, bien qu’il soit inclus…) avec une grande fenêtre, qui me permet de voir la pluie dehors qui s’est installée ici aussi. Et si tout va bien, j’aurai complété ce soir la rédaction de mon premier communiqué de presse.

J’ai reçu d’heureuses nouvelles au niveau professionnel. J’avais déjà mentionné une entrevue chez Kingsman, un courtier en sucre et biocarburants qui faisait également de l’analyse de marché. J’ai même eu droit à une deuxième entrevue avec le président, Jonathan Kingsman; entrevue qui s’était très bien déroulée.

En même temps, j’avais rencontré le président de Rochat & Partners, une firme de relations publiques, suite à un contact de Céline. Il semblait intéressé par mon profil et m’a dit qu’il réfléchirait à une possible offre pour la semaine suivante. C’était avant que nous partions en Appenzell.

À mon retour, j’avais deux messages : une offre de Rochat et un message de Kingsman sur le nouveau répondeur à notre nouveau numéro de téléphone fixe. Message qui disait qu’on allait me rappeler.

Je les rappelle plutôt pour connaître leur réponse, et possiblement, pour annoncer que j’avais été sélectionné par l’autre entreprise. Mais la dame portugaise en charge du processus était en vacances. J’ai tout de même eu un indice de la décision lorsque la fille au bout du fil m’a annoncé à son collègue en ces termes : I think it’s the guy they want to hire.

Son collègue, plus diplomate, m’a dit que le processus se continuait et qu’on me contacterait au cours de la semaine, ce qui rendait d’autant plus facile l’annonce de ma nouvelle.

Mais une heure plus tard, je reçois un appel du Portugal. Je sortais probablement la dame de ses vacances d’une manière un peu déplaisante. Elle s’enquiert de ma décision et je sors également la carte de la diplomatie, expliquant que je ne voulais pas allonger indûment leur processus et que je souhaitais la meilleure des chances à l’autre candidat. Elle m’annonce que la décision avait déjà été prise et qu’une offre était prête à leur bureau, dont elle m’a communiqué les détails.

Deux offres! Pour moi, c’est une première. En même temps, c’est flatteur mais je me sentais un peu mal à l’aise d’avoir à dire non à une des offres. Les rôles inversés… J’ai finalement accepté l’offre de Rochat et je commence lundi prochain à Genève. Fin des vacances ;o)

Pour fêter la fête des Suisses du 1er Août, nous avons eu droit à une invitation (de Cosette, idée de Lorraine) à aller découvrir (dans mon cas, celui de Carlos et de son fils) l’Appenzell.

C’est dans ce lieu qu’a vécu la grand-mère Odier (mamie) et où la famille a séjourné de nombreuses fois en vacances (ils n’allaient pas à cet hôtel mais dans une toute petite maison louée juste à côté, le Schilte Siebni).

Nous sommes arrivés vendredi en soirée à l’hôtel Krone, à Gaïs, un labyrinthe sympathique qui a toutes les facilités pour jouer au jass, de très bons déjeuners et un excellent röesti pour souper (pommes de terre râpées revenues dans l’huile avec oignons).

Samedi a été une journée de marche en montagne, en trichant un peu en montant l’Ebenalp en téléphérique.

Sur le chemin, nous avons visité une grotte, en plus d’apprécier l’église (Wildkirche) et le bistrot incrustés à la paroi.

Ensuite, nous sommes arrivés au Seealpsee (lac), dont la vue est reprise par la bière du coin.

Mais déjà, les nuages s’accumulaient, nous laissant seulement le temps d’un pique-nique tout sympathique. Puis les premières gouttes nous ont chassés, envoyant trois chaperons rouges sur la route pour se faire littéralement tremper…

Le lendemain, nous sommes allés visiter le lieu où a vécu la grand-mère Odier pendant sa jeunesse avec vue magnifique sur le lac de Constance, puis nous avons fait un tour par Appenzell (où nous avons cherché les chemises traditionnelles du canton, sans succès). On a pu néanmoins apprécier l’architecture toute particulière avec les rebords arrondis des toits.

Pour terminer cette journée, nous sommes allés faire un parcours à pied nu, nous permettant de tâter différentes textures naturelles… Notez le beau plâtre de Céline!

Début sur l’herbe…

… pour passer à la boue, ce qui demandait de la concentration pour ne pas perdre pied; et qui a nécessité un vigoureux nettoyage avant de revenir à l’hôtel…

la palme revient d’ailleurs à Carlos qui est allé jusqu’au bout de la boue pour sa belle…

Nous avons aussi eu droit à quelques endroits rocailleux, ce qui est supposément bénéfique pour la santé. Malgré ces bienfaits réputés, nous ne nous sommes pas attardés trop longtemps…

Avant de repartir sur Lausanne, nous sommes allés nous ébahir à la bibliothèque de Saint-Gall, une des plus vieilles et des plus réputées de la Suisse et de l’Europe, m’a-t-on dit (si ça vous intéresse, une petite vidéo intéressante en anglais).

Merci Gaël pour ce récit et ces photos, mais je me permets de faire ma version médicale., que je n’espère pas trop longue… Âmes sensibles attention!

Donc, en effet, au Pas-de Chèvres, après avoir bien monté, dégusté fromage et viande séchée, mon âme généreuse a voulu couper une pomme avec un couteau suisse anti-SIDA (eh oui! je l’avais reçu lors de la Conférence Internationale VIH dans les années 90 à Genève où j’avais été bénévole…). J’avais la pomme dans la main (combien de fois dit-on de ne pas le faire?) j’ai vaincu avec énergie une petite résistance et coupé la pomme (quand même…) et mon annulaire et auriculaire avec (malheureusement). J’ai immédiatement compris que je n’y étais pas allé avec le dos de la cuillère (ou du couteau en l’occurence!) car j’ai vu le blanc du tendon du petit doigt… J’ai testé tout de suite mon fléchisseur profond et le superficiel et vu avec soulagement qu’ils fonctionnaient bien, mais assez vite j’ai réalisé que le nerf interne de l’auriculaire avait été sectionné… On est descendu à pied après m’être quand même couché un peu… j’avoue avoir été un peu vagale…

Visite de l’omni à Evolène qui me confirme dans son antre type Ali-Baba, mais pour le côté stérile…, que je dois voir un chirurgien de la main… je commençais à me faire à l’idée de me faire opérer en espérant que mes assurances allaient couvrir les frais. Descente à Sion. Attente dans la salle d’attente au moins 1 heure (!!!) avec des gens de toutes nationalités (avec quand même la famille d’un Suisse blessé en voiture). Voir l’urgentologue, administration oblige, même si le chirurgien de la main attendait ma venue. L’urgentologue m’explique que la salle d’op est prise par une hémorragie digestive et que toutes les urgences allaient passer avant moi pendant la fin de semaine… Donc, proposition de me diriger sur Lausanne et d’expérimenter les cliniques suisses (souvent privées, mais pas celle-là). Direction clinique La Longeraie dimanche matin vers 9h où je vois un assistant qui teste mon fléchisseur profond contre résistance (il me semble que l’on ne fait pas cela…). Enfin, bref, on entend un Clac!, je sens un un effet bizarre Ahh! et mon tendon était rupturé! Il semble de toute façon qu’il ne tenait que par 1 ou 2 mm. On me monte dans une chambre 20min plus tard, je rencontre le chef de clinique 20 autres min plus tard et vers 10h30 je descends en salle d’op (J’avoue que l’organisation clinique a quand même du bon!) où on me fait un bloc axillaire et à 12h j’entre dans la salle d’op. Deux heures d’opération où je profite de commentaires précis et descriptifs sur mes entailles et où je peux aussi poser des questions précises sur mes plaies… Ensuite on parle de Toronto où il prévoit faire une surspécialisation sur la réparation du plexus brachial adulte et bébé… 14h, je sors de la salle d’op et remonte dans ma chambre où un délicieux repas (et ce n’est pas juste parce que j’avais faim)  m’attend: lapin, pâtes, haricots verts et gâteau au chocolat. Puis arrivée de Gaël. De quoi se remettre de ses émotions!

Ensuite, quelques heures d’étude neurologique de mon bras plégique et anesthésié. Voici quelques observations. D’abord, c’est assez impressionant de voir son bras “mort” et comme les gens le manipulent sans rien ressentir. Le cerveau se souvient de la dernière position dans laquelle il était avant d’être anesthésié. Alors je  sentais ma main dans une position de repos alors qu’elle était étirée pour la chirurgie. Je ressentais aussi des mouvements “fantômes” alors que mon bras restait bien immobile. Puis, il est assez bizarre de faire un effort pour bouger les doigts, de sentir vraiment qu’ils bougent mais de les voir tout à fait immobiles! Heureusement, mon bras s’est réveillé assez vite pour qu’ils me libèrent le soir après une bonne douche et que nous puissions retrouver la famille sur la balcon chez ma soeur pour une bonne fondue!

Mercredi matin, je retrouvais le chirurgien pour ma visite de contrôle et j’ai alors confirmé mes doutes que je profitais d’un traitement de faveur… Pas d’assistant (=résident) en salle d’op. Puis quand j’ai voulu reprendre mon prochain RV à la réception, je me suis fait redirigée ailleurs car “je n’ai pas son agenda, Dr Wehrli ne fait pas d’habitude ses suivis lui-même”………!!!!!…….

J’ai hâte maintenant au prochain mercredi où je commence ma rééducation en ergothérapie et où je vais découvrir mon attelle dynamique avec poulie intégrée (!) pour pouvoir faire de l’extension active des doigts mais de la flexion passive, pour protéger les tendons.