You are currently browsing the monthly archive for octobre 2008.

Nous nous sommes faits vignerons l’instant d’une journée. En fait, nous avons participé à la courte mais plaisante partie des vendanges. Nous avions reçu une invitation de Nicole (une bonne amie de Céline) et de son copain Michel, la famille de celui-ci possédant des vignes dans le coin de Sion (où on débarque du train pour prendre l’autobus qui nous amène à La Sage). Nicole et Michel nous offraient même le gîte et le couvert dans leur appartement de Montana. Nous avons évidemment sauté sur l’occasion et nous nous sommes retrouvés vendredi soir à Sierre, sentant une odeur particulière dans l’air (odeur de fermentation du raisin, comme allait nous l’expliquer les parents de Michel) avant de monter à Crans-Montana, station bien connue en Suisse.

Nous sommes descendus de Montana dans la plaine samedi tard en matinée tout en profitant de l’équivalent d’un “été des Indiens” européen alors qu’il faisait près de 20 C, avec un beau soleil qui nous permettait d’admirer les arbres tout en couleur.

Et il ne faudrait pas croire que les conditions de travail soient aussi difficiles qu’on nous les décrit parfois. Par exemple, dans notre cas, nous sommes arrivés vers 11h30, le temps d’enfiler chemise et gant, couper quelques vignes – dans un décor toujours aussi magnifique – pour quitter et aller dîner vers 12h00.

Après un solide repas de saucisses, viandes, raclettes, et évidemment arrosé de vin (nous avons été sage, puisqu’on venait de déjeuner…), nous sommes retournés à la récolte.

Fait intéressant, la famille vigneronne possède des “parchets” (lopins de vigne) dispersés à différents endroits. Récolter la vigne dans chaque endroit nous prenait moins d’une heure et le temps de se rendre d’un endroit à l’autre nous permettait de nous reposer le dos. Nous avons aussi eu droit à la visite de la cave où allait le raisin (pour faire du blanc ou du rouge).

Le taux de sucre et le poids y était automatiquement et scrupuleusement mesuré. Un trop faible taux de sucre et voilà votre raisin déclassé, ce qui s’en ressent sur le prix au kilo. Mais ce n’était pas le cas cette année. Au contraire, 2008 sera une excellente année avec un raisin très sucré. Nous en avons d’ailleurs profité tout en cueillant les raisins…

A la fin, Michel, originaire de la région, en a profité pour nous faire visiter Saillon et notamment sa tour Bayart, vestige d’un passé de châteaux forts. Et en surplus, nous avons eu droit à six bouteilles de vin de la région, une caisse de pomme bio et bien sûr, des grappes de raisins!

Ca y est, on a déménagé!

Le vendredi 3 octobre, première étape: nous avons tout d’abord vécu l’expérience de l’état des lieux. Il s’agit d’un moment de pinaillerie obligatoire où l’on revoit l’état de l’appartement avec le locataire précédent et le régisseur responsable du logement. Chaque trou dans le mur a dû être réparé, chaque pièce du frigo manquante remplacée, toutes les pièces lavées à fond, sinon un montant X est prélevé sur le dépôt de trois mois de loyer que l’on doit faire avant de prendre possession du logement. Très procédural, mais comme c’est agréable d’arriver dans un appartement “nickel” sans aucun nettoyage à faire.

Le locataire nous a tout de même conseillé de ne rien mettre dans la cave qui est visitée par des rats. Ce n’étaient d’ailleurs pas les seuls visiteurs comme allait nous l’apprendre le concierge en face de chez nous. Alors que le régisseur nous le présentait, le concierge en a profité, d’un français incertain, pour se plaindre que l’interphone ne fonctionnait toujours pas, que la porte était constamment débarrée et qu’un squatter dormait dans le grenier. Comme cerise sur le sundae, quelqu’un s’était fait voler un jean dans la sécheuse! Bienvenue avenue de Tivoli!!!

Dès que cela fut fini, absolument pas troublés, nous avons commencé à déménager nos affaires et quelques meubles gentiment prêtés par ma famille. Plusieurs voyages dans la focus de ma mère pas si grande, mais surprenante. Pas de photos pour vous malheureusement, mais il y a eu quelques voyages assez épiques où je me contortionnais pour avoir une petite place dans la voiture.

La soirée et le samedi matin nous réservaient quelques autres surprises. On a pu entendre qu’il y avait un chien jappeur juste à côté qui ne supportait pas la solitude et nous le faisait bien comprendre. Et le samedi matin, réveil par le camion d’éboueur à 7h00 am et par une discussion animée à l’étage. Mais cela n’allait pas entamer le plaisir d’emménager dans notre appartement.

Avant de reprendre le bal des voyages, on a profité de retourner chez IKEA (je connais bientôt par coeur le parcours!) pour acheter des chaises, la literie et autres babioles, parce que, toute excitée de prendre possession de notre premier vrai chez nous, je voulais partager cela avec ma famille… Nous étions donc huit à table le soir autour d’un bon souper préparé au four (après 2 mois de manque…)! Merci Gaël pour ton gâteau à l’ingrédient secret mais délicieux!

Dimanche, jour du seigneur, repos (sauf pour le montage d’une penderie familiale ancestrale et d’une bibliothèque qui ne revenait pas cher du kilos dixit Gaël)Nous avons alors festoyé avec mes grands-parents autour d’un tajine d’agneau aux pruneaux qui nous a nourri pour 2 jours! Un régal digne d’un pacha (qu’on imagine à juste raison bien enveloppé)!

Mercredi 8, avant-dernière étape: réception de nos gros meubles IKEA (lit, table de cuisine et canapé-lit). J’ai ainsi passé un après-midi à travailler du poignet pour tout monter. Et là, cadeau surprise IKEA, une des pattes de la table était défectueuse. Ainsi, jeudi, youpie! retour chez IKEA…

Mais voilà! Nous sommes bel et bien installé. On plonge encore dans la dernière étape: trouver la meilleure place pour chaque chose, poser les tableux, etc. mais ça progresse bien. On s’est déjà habitué au bruit de la rue et on profite avec bonheur d’aller courir. A peine quelques minutes de course dans une petite rue avant d’arriver vallée de la Jeunesse, joli parc qui est connecté avec le bord du lac que l’on longe sur un joli chemin. Le summum? Tout le parcours est éclairé la nuit!

Nous avons le plaisir de vous annoncer que Céline est tante d’une adorable nièce née dimanche 12 octobre 2008 à 8h05. 48cm pour 2kg760. La petite Luzia se porte bien, tout comme sa mère, après un petit marathon qui a donné quelques angoisses aux parents.

Toute la famille est déjà sous le charme de cette petite fille qui fait des grimaces adorables et dort comme un ange dans tous les bras heureux de l’accueillir…

Juste pour vous annoncer que le nouveau site web de l’agence Rochat & Partners vient d’être mis en ligne (la version anglaise seulement pour l’instant). Je vous suggère d’ailleurs d’aller voir la section Team dans Agency et News

Nous avons fait notre course de l’année 2008, ainsi l’a décrété Céline.

Nous avions comme guide Marcel Gaspoz, que nous avions rencontré en faisant la Via ferrata en juin dernier. Cosette, la mère de Céline, était également du groupe.

Samedi matin à 8h00, nous avons pris la décision d’aller jusqu’à la cabane Rossier, prélude à la montée de la Dent Blanche, 4357m, objectif mythique de Céline; et que nous espérons réaliser lors de notre séjour en Suisse.

Dès le début (première heure), nous avons laissé la mer de brouillard en-dessous de nous, nous permettant d’admirer ce tableau matinal avec le glacier en arrière-plan.

À la deuxième heure, nous étions rendus au refuge Bricola où campait un couple de courageux car il faisait un peu frisquet, alors la nuit, ça devait être drôlement froid. C’est que le refuge est réservé aux employés de la compagnie d’électricité, qui s’occupent probablement de la maintenance de l’incroyable système de canalisations sous les montagnes qui puise l’eau de tous les ruisseaux pour remplir le barrage de la Grande Dixence deux vallées plus loin.

On a continué à marcher, à s’émerveiller, à pique-niquer, à marcher, à s’émerveiller et à marcher… Les deux dernières heures se sont faites dans la neige, nous offrant des paysages magnifiques du glacier et de ses crevasses.

Nous avons eu aussi nos moments épiques, notamment lorsque Cosette a douté de sa capacité à atteindre notre objectif ultime. Mais nos encouragements, et surtout ceux de Marcel, lui ont redonné l’énergie qui lui a permis de franchir le dernier tronçon enneigé. A preuve de sa bonne forme physique (on savait qu’elle était capable), elle est allée jouer au tennis avec Mathias le lendemain…

Voici quelques descriptions qui montrent bien le haut fait que nous avons accompli :

Accès
Depuis Ferpècle (VS) 5 à 6 heures de marche à caractère alpin nécessitant piolet, crampons et corde.

Source: http://www.cas-jaman.ch/cabanes/dent_blanche.php

La cabane Rossier est l’une des plus hautes cabanes de Suisse, sise à 3500 m d’altitude. Son but principal est l’ascension de la Dent Blanche (voie normale ou arête de Ferpècle, principalement), et elle ne constitue en aucun cas un but de promenade. L’accès à la cabane est en effet une course à part entière, que ce soit depuis Ferpècle (long, crampons nécessaires) [...]

L’accès depuis Ferpècle est long, voire interminable (1700 m de dénivelé) et se termine par un tronçon de glace nécessitant souvent le port de crampons.

Source: http://www.lesmonts.ch/fr/Refuges/refuge.php?file=rossier.html

Et on a fait la montée en 6h15 sans crampons! Bien que j’en aurais apprécié lorsqu’on a gravi le dernier tronçon de neige où je glissais une fois sur trois (c’est bon comme exercice…).

A noter que les descriptions datent de 2000. Peut-être qu’il y a moins de glace ou plus de neige. Parce qu’il semble que les changements climatiques viennent faire des siennes ici aussi. Ainsi, Marcel nous a expliqué qu’un des lacs où nous nous sommes arrêtés n’était pas visible il y a quelques années, recouvert qu’il était du glacier. Et Céline me racontait qu’elle jouait, enfant, dans les blocs de glace au bas du glacier, nettement moins reculé à ce moment-là.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il faisait chaud au sommet. Il n’y avait aucun vent et la neige reflétait les rayons du soleil, qui frappent dru à cette altitude. C’est d’ailleurs pour se protéger du soleil que Céline portait la tuque (j’avais caché nos casquettes dans des valises pour notre  déménagement prochain). Et avec l’exercice qui nous réchauffait, l’envie ne nous manquait pas de se mettre en t-shirt!